L'AI Act dans les RH : sélection et risque

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Les systèmes d'IA utilisés pour la présélection des candidatures, le filtrage, l'évaluation, la promotion, l'attribution des tâches, la surveillance ou le licenciement peuvent être classés comme à haut risque au titre de l'AI Act. L'entreprise qui les utilise ne doit pas se contenter d'accepter la documentation du fournisseur : elle doit définir la finalité, la supervision, les données d'entrée, la surveillance, les droits et les critères permettant de suspendre le système.

Quels usages peuvent être à haut risque

L'annexe III vise les systèmes destinés à :

La classification doit tenir compte de l'usage concret et des exceptions prévues à l'article 6. Il ne faut pas présumer que tout outil RH est à haut risque, ni qu'un « copilote » échappe à la qualification simplement en raison de son nom.

Rôles

Le fabricant est en général le fournisseur, et l'entreprise utilisatrice, le déployeur. L'entreprise peut devenir fournisseur si elle change la finalité, commercialise le système sous son propre nom ou procède à une modification substantielle dans les cas prévus par le règlement.

Le contrat ne remplace pas l'analyse réelle du contrôle exercé.

AI Act et RGPD

L'AI Act ne remplace ni le RGPD ni le droit du travail. L'entreprise doit disposer de :

La qualification de « haut risque » de l'AI Act et le risque élevé visé à l'article 35 du RGPD sont des notions distinctes, même si elles coïncident souvent.

Décisions automatisées

L'article 22 du RGPD protège contre certaines décisions fondées exclusivement sur un traitement automatisé produisant des effets juridiques ou similaires. Un contrôle humain n'est réel que si la personne dispose de la compétence, de l'information, du temps et de l'autorité nécessaires pour le modifier.

Valider par défaut les recommandations, ou examiner des centaines de candidatures en quelques secondes, ne constitue pas un contrôle effectif.

Inventaire du système

L'inventaire doit recenser :

Les fonctionnalités d'IA embarquées activées par une mise à jour doivent également être recensées.

Données des candidats et du personnel

Sont examinées :

Des variables apparemment neutres peuvent servir de proxy. La nécessité doit être justifiée variable par variable, et non par la simple disponibilité de la donnée.

Évaluation du fournisseur

Demandez :

Une simple affirmation d'« absence de biais » ne constitue pas une preuve.

Biais et qualité

Comparer la précision globale ne suffit pas. Il faut analyser les taux par groupe pertinent et par étape :

IndicateurQuestion
SélectionQui est exclu ?
Faux négatifQui est rejeté à tort ?
Faux positifQui est favorisé sans fondement ?
CalibrationLe score signifie-t-il la même chose pour tous ?
CouvertureQuelles candidatures ne sont pas traitées ?
AnnulationQuand la personne corrige-t-elle la décision ?

Les groupes et les méthodes sont déterminés sur une base juridique et éthique solide, en évitant de créer de nouveaux risques.

Supervision humaine

La personne chargée de la supervision doit pouvoir voir :

Il est interdit d'utiliser le résultat comme seule justification lorsque la conception exige un jugement humain. Les annulations sont surveillées afin de détecter toute dépendance excessive ou tout dysfonctionnement.

Transparence

Les candidats et le personnel doivent recevoir une information claire sur :

Cette information ne doit pas être noyée dans une politique interminable. Les explications doivent permettre d'agir.

Obligations du déployeur

Pour les systèmes à haut risque, l'article 26 impose une utilisation conforme aux instructions, une supervision compétente, un contrôle des données d'entrée relevant de sa responsabilité, une surveillance et une action en cas de risque ou d'incident.

L'entreprise conserve les journaux pendant la période applicable lorsqu'ils relèvent de son contrôle, et respecte les obligations d'information propres au droit du travail, le cas échéant.

Évaluations coordonnées

Vous pouvez avoir besoin :

Un inventaire commun est utilisé, mais chaque instrument conserve ses propres exigences.

Participation et gouvernance

Impliquez les RH, le service juridique, le DPO, la sécurité, l'égalité, les représentants du personnel et la direction. Le responsable métier ne doit pas valider seul.

La politique définit les usages autorisés, interdits et ceux qui nécessitent une escalade. Exemple : l'IA peut classer les candidatures pour examen, mais ne peut pas les écarter automatiquement sans conditions approuvées.

Plan sur 60 jours

Jours 1 à 15

Inventaire, classification et suspension des usages sans responsable identifié.

Jours 16 à 30

Fournisseur, RGPD, AIPD et évaluation des biais.

Jours 31 à 45

Supervision, transparence, journaux et formation.

Jours 46 à 60

Pilote, tests, consultation et décision.

Erreurs fréquentes

  1. Se fier à l'étiquette du fournisseur.
  2. Utiliser des données publiques sans base juridique.
  3. Déduire des émotions ou des traits de personnalité sans nécessité.
  4. Ne mesurer que la précision globale.
  5. Qualifier d'« humaine » une simple validation automatique.
  6. Ne pas informer.
  7. Ignorer les changements de version.
  8. Conserver indéfiniment les CV et les scores.
  9. Ne pas permettre de contestation.
  10. Déployer sans représentation interne.

Checklist

Questions fréquentes

Toute IA RH est-elle à haut risque ?

Non. Cela dépend de l'usage et de sa classification. La sélection et les décisions relatives à l'emploi visées à l'annexe III nécessitent généralement une analyse renforcée.

L'IA peut-elle rejeter automatiquement une candidature ?

Il faut analyser l'AI Act, l'article 22 du RGPD et le droit du travail. Dans de nombreux cas, une intervention humaine réelle et des garanties sont exigées.

Un CV public peut-il être utilisé librement ?

Non. Le caractère public d'une donnée ne supprime pas la nécessité d'une finalité, d'une base juridique, d'une information et de droits.

Qui est responsable, le fournisseur ou l'entreprise ?

Les deux ont des obligations selon leur rôle. L'entreprise qui déploie le système conserve ses propres responsabilités.

Sources officielles consultées

Summum Consultoría peut coordonner la classification, l'AIPD, l'évaluation du fournisseur et les contrôles en matière de droit du travail.